La formation en psychomotricité et TND évolue avec la publication, en juillet 2026, des repères nationaux des attendus de la formation dans le champ des troubles du neurodéveloppement.
Ce texte ne crée pas une nouvelle certification ni un programme imposé, mais il précise plus clairement ce qu’une formation de qualité doit aujourd’hui permettre :
- s’appuyer sur des données scientifiques actualisées,
- intégrer les recommandations de bonnes pratiques professionnelles,
- prendre en compte l’autodétermination et l’accessibilité,
- et surtout favoriser un véritable transfert dans la pratique.
Pour les psychomotriciennes, l’enjeu est majeur : il ne s’agit pas seulement de mieux connaître les TND, mais de pouvoir transformer ces connaissances en :
- raisonnement clinique plus juste,
- objectifs plus fonctionnels
- et outils réellement mobilisables sur le terrain.
Alors, que changent vraiment ces repères nationaux 2026 pour la formation en psychomotricité et TND ?
Repères nationaux TND 2026 : un nouveau cadre de qualité
Publiés dans le cadre de la Stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement 2023-2027, ces nouveaux repères concernent les formations portant sur le TSA, le TDAH, les troubles DYS, le TDI et les autres troubles du neurodéveloppement.
Leur élaboration repose sur un travail collectif associant notamment des :
- personnes concernées,
- familles,
- experts scientifiques,
- professionnels de terrain
- et des organismes de formation.
L’objectif est de disposer d’un cadre commun permettant d’améliorer la qualité, la cohérence et la lisibilité des formations proposées dans le champ des TND.
Cette évolution répond à un véritable enjeu.
Les professionnels doivent pouvoir identifier plus facilement des formations qui reposent sur les connaissances scientifiques actuelles et sur les recommandations de bonnes pratiques professionnelles (RBPP) de la Haute Autorité de santé.
Ces repères doivent notamment permettre d’harmoniser les pratiques de formation sur le territoire, de rendre les offres plus transparentes et de garantir des contenus fondés sur les données probantes.
Un point mérite cependant d’être clairement précisé : ces repères ne constituent ni un programme de formation imposé ni un nouveau référentiel de certification.
Ils définissent plutôt des principes d’exigence, des critères pédagogiques vérifiables et des attendus de qualité.
Ils constituent donc avant tout un cadre de référence pour réfléchir à la qualité d’une formation dans le champ des TND, aussi bien du côté des organismes de formation que des professionnels qui souhaitent développer leurs compétences.
Des connaissances scientifiques au raisonnement clinique
L’un des messages importants de ces repères est qu’une formation de qualité ne peut pas se limiter à transmettre davantage de connaissances sur un diagnostic.
Bien sûr, les contenus doivent reposer sur des données scientifiques actualisées.
Les recommandations de bonnes pratiques professionnelles de la HAS constituent également un socle de référence.
Mais l’enjeu est surtout de permettre aux professionnels de comprendre ces recommandations et de savoir les réinvestir dans leur environnement professionnel.
Les repères insistent notamment sur la nécessité de bien différencier :
- observation,
- repérage,
- dépistage
- et diagnostic.
Ils rappellent également l’importance de l’évaluation du fonctionnement et de la distinction entre diagnostic :
- catégoriel,
- fonctionnel
- et différentiel.
Pour les psychomotriciennes, cette distinction est essentielle.
Un diagnostic apporte des informations importantes, mais il ne résume jamais à lui seul le fonctionnement d’une personne.
L’évaluation doit aussi permettre de comprendre ses besoins, ses ressources, ses difficultés dans les activités quotidiennes et les caractéristiques de son environnement.
Cette approche rejoint directement les notions de participation, d’accessibilité et d’autodétermination mises en avant dans les repères nationaux.
Il s’agit de reconnaître la personne comme actrice de son parcours, en tenant compte de ses choix, de ses priorités et de ses droits.
Le document inscrit d’ailleurs explicitement l’accessibilisation de l’environnement au service de l’autodétermination.
Ainsi, se former aux TND ne consiste pas simplement à accumuler des informations supplémentaires.
Une formation doit aider le professionnel à :
- faire évoluer son raisonnement clinique,
- questionner ses pratiques
- et à mieux comprendre ce qui influence réellement la participation de la personne dans son quotidien.
Psychomotricité et TND : des connaissances aux changements concrets dans la pratique
Une question devient alors essentielle : que reste-t-il réellement d’une formation lorsque le psychomotricien retourne auprès de ses patients ?
C’est probablement l’un des enjeux majeurs de ces nouveaux repères.
Les connaissances scientifiques sont indispensables, mais elles prennent tout leur sens lorsqu’elles peuvent être transformées en compétences et mobilisées dans les situations cliniques.
Pour le psychomotricien, cela signifie notamment apprendre à mieux relier les observations réalisées lors du bilan psychomoteur aux difficultés réellement rencontrées par la personne.
Une difficulté observée lors d’une évaluation doit pouvoir être mise en perspective avec ses conséquences sur la vie quotidienne, la scolarité, les loisirs, l’autonomie ou encore la participation sociale.
Cette réflexion permet ensuite de prioriser des objectifs fonctionnels. Ceux-ci gagnent à être concrets, compréhensibles et significatifs pour la personne concernée et son entourage.
La formation doit donc aider à mieux articuler bilan, raisonnement clinique, définition des objectifs et accompagnement.
Mais elle doit aussi apporter des éléments immédiatement mobilisables :
- outils d’évaluation,
- trames,
- supports,
- stratégies d’intervention,
- études de situations
- ou méthodes permettant d’adapter l’environnement.
Cette volonté de transfert rejoint directement l’esprit des repères nationaux, qui placent l’actualisation effective des pratiques au cœur de la formation.
Enfin, cette logique ne concerne pas uniquement la relation entre le professionnel et son patient.
Elle peut également soutenir la guidance parentale, les échanges avec les partenaires et la réflexion autour des adaptations de l’environnement.
Une formation devient alors réellement utile lorsqu’elle crée un pont entre les connaissances scientifiques et les décisions prises chaque jour sur le terrain.
Comment reconnaître une formation réellement utile ?
Ces repères nationaux peuvent aussi devenir un outil intéressant pour les psychomotriciens au moment de choisir une formation.
Au-delà du titre, du programme ou du nombre d’heures proposées, plusieurs éléments permettent désormais de questionner la qualité pédagogique d’une formation dans le champ des TND.
✅ 5 questions à se poser avant de choisir une formation TND
- La formation s’appuie-t-elle clairement sur des recommandations et des données actualisées ?
Les références scientifiques et les RBPP doivent constituer un véritable socle de la formation. Elles ne doivent pas simplement apparaître dans une bibliographie.
- Permet-elle de mieux comprendre le fonctionnement de la personne au-delà du diagnostic ?
Une formation sur les TND doit permettre de considérer les besoins, les ressources, la participation, l’environnement et les droits de la personne.
- Donne-t-elle des outils réellement transférables dans la pratique ?
Le professionnel doit pouvoir réinvestir ce qu’il apprend dans ses situations cliniques. Les études de cas, les mises en situation et les outils concrets prennent ici tout leur sens.
- Les objectifs pédagogiques sont-ils formulés en compétences concrètes ?
Il ne suffit pas de « connaître » ou de « comprendre ». Une formation doit permettre de développer des compétences que le professionnel pourra effectivement mobiliser.
- L’évaluation porte-t-elle aussi sur le réinvestissement dans la pratique, et pas seulement sur la satisfaction ?
Cette dernière question est particulièrement intéressante. La satisfaction du stagiaire reste utile, mais elle ne suffit pas à démontrer qu’une formation a réellement modifié sa pratique.
Les repères nationaux invitent ainsi à regarder la formation comme un processus de développement des compétences, et non comme une simple transmission de connaissances.
Repenser la manière de concevoir une formation
Ces nouveaux repères nous amènent aussi, chez GO élan Formation, à regarder notre propre manière de concevoir la formation professionnelle.
Depuis plusieurs années, nous faisons le choix de proposer aux psychomotriciens des formations qui associent connaissances théoriques, raisonnement clinique et outils directement transférables dans la pratique.
Études de situations, mises en pratique et supports utilisables auprès des patients occupent ainsi une place importante dans nos formations.
Cette pédagogie active et cette volonté de fournir des outils concrets font partie des orientations présentées par GO élan Formation.
La question de l’autodétermination est également centrale.
Elle suppose de ne pas définir uniquement les objectifs à partir de ce que le professionnel identifie comme une difficulté, mais d’associer réellement la personne à leur choix et à leur priorisation.
C’est notamment dans cette logique qu’a été développé Objectiv’Moi, afin de soutenir le dialogue entre le psychomotricien, la personne concernée et, lorsque cela est pertinent, sa famille autour des objectifs qui ont du sens pour elle.
La qualité pédagogique passe également par l’évaluation.
Les questionnaires proposés avant la formation permettent d’identifier les connaissances, les attentes ou les prérequis des stagiaires.
Les évaluations réalisées ensuite permettent de mesurer les acquis et d’interroger ce qui pourra être réinvesti dans la pratique.
Cette logique rejoint les attendus des repères nationaux, qui accordent une place importante aux compétences et à leur transférabilité.
Un autre élément nous paraît essentiel : le lien permanent avec la clinique.
Les formateurs de GO élan sont des psychomotriciens cliniciens qui exercent en institution et/ou en libéral.
Cette activité de terrain permet de confronter en permanence les connaissances scientifiques et les recommandations aux situations réellement rencontrées par les professionnels.
Enfin, la formation ne s’arrête pas nécessairement à la dernière journée.
La possibilité de prolonger certains apprentissages par de la supervision permet de revenir sur une situation clinique, d’interroger son raisonnement et d’ajuster sa pratique.
Cette continuité se retrouve également dans les groupes d’échanges professionnels privés proposés à l’issue de nos formations.
Chaque formation dispose d’un groupe Facebook fermé, réservé aux psychomotriciens formés par GO élan sur la thématique concernée.
Ces espaces permettent de poursuivre les échanges après la formation, de partager des questionnements issus de la pratique et de maintenir un lien entre professionnels autour des connaissances et outils abordés.
Ces repères nationaux confortent ainsi une idée essentielle : une formation de qualité ne se mesure pas uniquement à ce qui est transmis pendant la formation, mais aussi à ce que le professionnel parvient ensuite à transformer dans sa pratique.
Conclusion
Les repères nationaux 2026 sur les TND marquent une évolution importante dans la manière de penser la formation professionnelle.
Pour les organismes de formation, ils clarifient un niveau d’exigence attendu.
Mais pour les psychomotriciennes, ils rappellent surtout qu’une formation de qualité ne vaut pas seulement par la richesse de son contenu théorique.
Elle vaut par sa capacité à :
- faire évoluer le raisonnement clinique,
- affiner la formulation des objectifs,
- mieux prendre en compte la participation de la personne
- et à fournir des outils réellement transférables dans la pratique.
Dans cette perspective, la formation en psychomotricité et TND ne peut plus se limiter à transmettre des connaissances : elle doit soutenir une réflexion plus juste et des changements concrets sur le terrain


